Trace

L’homme vit et construit, se construit, consomme sur la planète comme s’il était seul, faisant fi des contraintes et des éléments naturels. Être asservi, il considère qu’il doit en être de même pour la nature (‘n’ minuscule) qui est à son service. Sans complexe, sans scrupule il développe infrastructures, routes, usines et autres divers bâtiments, mais où la Nature (‘n’ majuscule), tôt ou tard reprend ses droits.

La trace est cette plage temporelle fugace où Nature et constructions meubles ou immeubles s’affrontent dans le brouhaha de l’indifférence. Mon propos est alors d’illustrer ce combat silencieux où tous les enjeux sont résumés. La trace est cette part d’humanité qui reprend sa place de poussière, l’humilité nécessaire de l’homme face aux éléments, la faiblesse ridicule de l’Ego humain surdimensionné face à la rigueur de la Nature. La trace est cette part de futilité où l’homme doit accepter que le combat est perdu, où il abandonne tout ce qu’il possède pour reconstruire ailleurs ou autrement ce qu’il a du se résigner à laisser derrière lui. La trace est tout cela, bâtiment immeuble où une part de vie, un indice de vie parfois, existe encore renvoyant avec force la place de l’objet dans la vie de l’homme.

Activités passées, résumées dans un punctum selon Roland Barthes (la chambre claire) où cohabitent passé (gloire passée), présent (le combat de la Nature pour reprendre ses droits) et futur (poussière en devenir).

La trace est pour moi essentielle en ce qu’elle porte la raison de l’humilité face à la Nature, donc au respect de ce que la Nature produit et procure, mais aussi la volonté farouche de l’homme d’exister et de laisser une trace (petite trace) au-delà de lui-même.

Cette démarche, vous l’aurez compris, est en totale opposition avec celle de ‘vestiges’ où le vestige est la traduction par l’homme du résultat de son passage. Le vestige est à la gloire de l’être humain, la trace remet l’homme à sa place. Le vestige romain, grec, égyptien ou araméen par exemple, a sa place et a droit à sa reconnaissance, mais il ne s’agit que d’exceptions au regard de l’activité humaine et cela ne peut exister encore que grâce à la lutte acharnée de l’homme pour préserver la trace de son passage. Il s’agit de voir les efforts colossaux pour déplacer les temples du Nil avant l’ouverture du barrage d’Assouan, ou le transport à New York dans le MET du temple « The Temple of Dendur ».

Je vous propose donc ma vision de la Trace. J’espère que vous partagerez mon point de vue.

 

OUTILS DE PRODUCTION TRACE

Hôpital psychiatrique
 
Ancienne Caserne (Espagne)
Entrepôt (Toulouse)
 
Abandons (Toulouse)
Bâtiments détruits par AZF (Toulouse)
 
Usine de lavage de charbon
Entrepôt Express31 (Toulouse)
 

Gare de Canfranc

Usine de brique (Girone)
 
Usine de brique (Palafrugell)
Fantômes (Ma soeur et moi)
 
Objets et routes
Garage abandonné (Toulouse)
 
AZF Destruction (Toulouse)

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